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LAboratoire de Psychologie
Sociale et COgnitive

UMR 6024 UCA-CNRS
L'étude de la cognition depuis ses bases cérébrales jusqu'à sa régulation sous l'influence de l'environnement social

DERNIÈRES PUBLICATIONS
Belletier, C., Normand, A., & Huguet, P. (2018-in press). Social facilitation/impairment effects : From motivation to cognition and social brain. Current Directions in Psychological Science.
Lagneaux, S., Streith, M., Van Dam D., & Jean Nizet, Anthropology of food [Online], Articles, Online since 09 October 2018, connection on 12 November 2018. URL : https://journals.openedition.org/aof/8862.
Spatola, N., Belletier, C., Chausse, P., Augustinova, M., Normand, A., Barra, V., Ferrand, L.*, & Huguet, P.* (in press, *equal contribution). Improved cognitive control in presence of anthropomorphized robots. International Journal of Social Robotics.

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20/09/18 – Oulmann ZERHOUNI

par Guillaume VALLET - publié le , mis à jour le

Processus d’autorégulation dans le conditionnement évaluatif et application au traitement des comportements addictifs

Date : 20 septembre 2018
Heure : 10h30 - 12h00
Lieu : Amphithéâtre Paul Collomp

Résumé de la conférence

Mes recherches visent à comprendre les processus cognitifs sous-jacents à l’effet de conditionnement évaluatif, c’est-à-dire au changement dans l’évaluation de stimuli au préalable neutres (i.e., stimuli conditionnés, CS) suite à leur présentation conjointe et répétée avec des stimuli valencés négativement ou positivement (i.e., stimuli non-conditionnés, US).

Les recherches qui seront présentées dans ce séminaire portent dans un premier temps sur la façon dont les processus d’autorégulation (i.e., régulation émotionnelle et autocontrôle) vont améliorer ou au contraire inhiber cet effet de conditionnement et influencer sur son caractère conscient ou non-conscient, c’est-à-dire de déterminer s’il peut survenir en l’absence de recollection consciente des paires de stimuli présentées lors de la procédure. Dans un second temps, je m’intéresserais également à l’application de ces procédures de conditionnement évaluatif pour modifier les attitudes et les réactions automatiques vis-à-vis de l’alcool. Six études seront présentées lors de ce séminaire.

Les deux premières études portent sur l’impact des processus de régulation émotionnelle sur le processus de conditionnement et testons l’hypothèse que des individus ayant davantage de difficultés à réguler et à identifier leurs émotions négatives de manière chronique (i) seraient plus sensibles à l’effet de conditionnement lorsque celui-ci utilise des stimuli non-conditionnés de valence négative et (ii) qu’ils ont davantage tendance à attribuer leur niveau d’éveil physiologique à la valence du stimulus. Ces premiers résultats montrent que les processus d’auto-régulation modulent l’importance de l’effet de conditionnement évaluatif, et que l’effet de conditionnement peu potentiellement se produire en l’absence de recollection consciente des paires de CS-US.

Les deux études suivantes portent sur l’effet des processus d’autocontrôle sur le conditionnement. Des développements récents dans la conceptualisation de la maîtrise de soi implique qu’exercer une tâche dans laquelle il est nécessaire d’inhiber une réponse prédominante aura un impact différent sur les autres sphères de maîtrise de soi selon que cette tâche est exécutée simultanément ou séquentiellement.

Plus précisément, nous faisons l’hypothèse que les participants dont on a épuisé les ressources d’autocontrôle avant la procédure de conditionnement seront moins sensibles à l’effet de conditionnement, et seraient moins à même de mémoriser les paires de CS-US. A l’inverse, nous faisons l’hypothèse que les individus devant effectuer une tâche de contrôle de soi pendant la procédure présenteront un effet de conditionnement plus forts ainsi qu’une meilleure mémorisation des paires CS-US.

Enfin, les deux dernières études porteront sur l’application des procédures de conditionnement à la remédiation cognitive, ici à la modification des attitudes implicites vis-à-vis de l’alcool. Nous avons utilisé une version modifiée sur des paradigmes de conditionnement dans laquelle les stimuli neutres étaient des stimuli en lien avec des boissons alcoolisées dans la cinquième étude. Celle-ci visait à tester si une modalité spécifique de présentation des paires de CS-US (i.e., simultanée) induirait un traitement plus automatique des stimuli, ce qui aboutirait à un effet de conditionnement plus important sur les attitudes implicites vis-à-vis de l’alcool, et sur les comportements d’achats de boisson alcoolisées à court et moyen terme. Enfin, la dernière étude consistera dans la présentation de méta-analyses fréquentistes et bayésiennes des effets du conditionnement évaluatif sur les attitudes vis-à-vis de l’alcool par rapport à d’autres procédures de remédiation cognitives (i.e., entrainement au biais attentionnel, approche-évitement).

Conférencier

Dr. Oulmann ZERHOUNI
Université Paris X Nanterre
[Site internet]