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LAboratoire de Psychologie
Sociale et COgnitive

UMR 6024 UCA-CNRS
L'étude de la cognition depuis ses bases cérébrales jusqu'à sa régulation sous l'influence de l'environnement social

DERNIÈRES PUBLICATIONS
Darnon, C., Smeding, A., & Redersdorff, S. (in press). Belief in school meritocracy as an ideological barrier to the promotion of equality. European Journal of Social Psychology.
Vallet, G.T., Hudon, C., Bier, N., Macoir, J., Versace, R., & Simard, M. (2017). A SEMantic and EPisodic Memory Test (SEMEP) developed within the embodied cognition framework : Application to normal aging, Alzheimer’s Disease and Semantic Dementia. Frontiers in Psychology. [Frontiers]
Butera, F., & Darnon, C. (2017). Competence assessment, social comparison and conflict regulation. In A. Elliot, C. Dweck & D. Yaeger (Eds). Handbook of Competence and Motivation (2nd Edition : Theory and Application) (pp. 192-213) New York : Guilford Press.
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20/10/2017 – Annie MAGNAN & Jean ECALLE

Les difficultés d’apprentissage de la lecture : l’apport des systèmes d’aides informatisées (Amphi. Pascal, 10h30-12h00)

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Du contexte au cortex

publié le , mis à jour le

 
Mai 2017. Du contexte au cortex : Publiée prochainement dans la revue Social Cognitive and Affective Neuroscience, une recherche combinant neurophysiologie (Driss Boussaoud, Directeur de Recherche CNRS à l’INS Marseille) et psychologie sociale expérimentale (Pascal Huguet, Directeur de Recherche CNRS au LAPSCO) dans le cadre de la thèse de Marie Demolliens (sous la co-direction de DB et PH) révèle l’importance du contexte social dans la dynamique neuronale et suggère une conception nouvelle du « cerveau social » (article bénéficiant d’un communiqué de presse national du CNRS).

 
 
Du contexte au cortex : à la découverte des neurones sociaux.

Un trait commun aux membres de toutes les espèces animales dites ‘sociales’ (de la blatte à l’homme) est leur sensibilité à la simple présence de leurs semblables. Dans toutes les espèces considérées, cette présence même en dehors de toute interaction communicative améliore les performances individuelles (sauf sur les tâches très complexes).

Bien connu en psychologie sociale, ce phénomène de « facilitation sociale » a fait pendant quatre ans l’objet d’un travail interdisciplinaire afin d’en explorer les bases neurales. L’étude conduite auprès de macaques par les équipes de Driss Boussaoud (Directeur de Recherche CNRS à Marseille) et Pascal Huguet (Directeur de Recherche CNRS à Marseille puis Clermont-Fd), en relation avec la thèse de Marie Demolliens (sous la co-direction de DB et PH), aboutit à une découverte étonnante : pour la même tâche proposée à l’animal (associations visuo-motrices), des neurones différents entrent en jeu selon qu’un congénère est présent ou absent. Environ 80% des neurones enregistrés dans le cortex pré-frontal, une région essentielle pour la tâche proposée, se montrent soit plus actifs en présence du congénère qu’en son absence, soit l’inverse.

Prochainement publiée par la revue Social Cognitive and Affective Neuroscience, cette co-existence, dans la même région du cerveau, de deux types de neurones plus ou moins actifs en fonction de la présence/absence d’un congénère montre que la facilitation sociale est le fait d’une population particulière de « neurones sociaux ».
Ces résultats indiquent plus généralement l’importance du contexte social dans la dynamique neuronale et suggèrent une conception nouvelle de la dimension sociale du cerveau. Non réductibles aux régions cérébrales réputées éminemment sociales (impliquées par exemple dans la perception et la compréhension des appartenances groupales ou des expressions faciales émotionnelles), les neurones sociaux pourraient être au contraire distribués à l’échelle du cerveau tout entier pour permettre la réalisation d’activités de toutes sortes (sociales ou non) en présence des autres.